SAINT GERMAIN-PRÈS-HERMENT  , Auvergne , Puy-De-Dôme 
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LA POPULATION

Portrait
Quelques familles bourgeoises et nobles

P
etite histoire d'habitants
Les maires
Etude démographique
Les c
alamités
Un livre : " Les populations de la Combraille"- 1955

 

Portrait

Le curé Etienne Bergheaud décrivait ainsi ses paroissiens en 1782 :

"(St Germain) est une petite paroisse située à un quart de lieue de la ville d'Herment, dans un fonds marécageux et stérile
composé de 4 villages et 5 métairies ou hameaux formant aux alentours de 100 communiants ; il n'y a ni gentilhomme, ni bourgeois,
ni marchand, les habitants sont tous laboureurs, pauvres, quoique laborieux et économes. Ils n'ont d'autres revenus
que leurs petites récoltes de blé, d'orge et sarrasins, et en avoine, ni d'autres bestiaux que ceux qu'ils tiennent à titre de cheptel. (...)
Cette petite paroisse est pauvre mais tranquille, sans division ni procès, mal instruite par un défaut d'assiduité aux offices de la paroisse,
ils sont indolents pour leur salut, mais sans vice marqué"
.
(Ad63 1G763)

Voici comment s'exprimait le maire François Chazot en 1822 :

"La majorité de ses habitants se procurent avec peine et à la sueur de son front de quoi subsister,
plusieurs d'entres eux sont notoirement pauvres, étant aussi sans faculté et ne possédant aucune ressource"

Pauvres et mal instruits, les habitants de St Germain n'en restaient pas moins, au 19ème siècle, assez querelleurs et critiques envers la moindre dépense ou le moindre projet communal. Ainsi, les plaintes déposées au tribunal d'Herment pour "pacage sur terrain d'autrui" étaient  fréquentes.
Et au niveau communal, les frais engagés et les loyers se négociaient âprement.
On usait beaucoup de la mauvaise foi pour ne pas payer ce que l'on devait. (voir école)  

La population de St Germain-près-Herment, composée uniquement de cultivateurs et de métayers, peine donc à se nourrir et à s’enrichir, réussissant par le jeu des alliances à conserver une terre pauvre et peu rentable. En 1790, parlant des prés appartenant à la cure , Bergheaud précise que  « Tout ce fonds est de très mauvaise qualité fort sujet à la gelée et si stérile qu’il ne produirait presque rien sans une culture particulière et surtout si on n’avoit soin d’y rependre chaque année beaucoup de fumier »  ( Ad63 L4226)
 


Quelques familles nobles et bourgeoises

Il existait peu de familles nobles et bourgeoises à St Germain-près-Herment .
En 1631, Marguerite Arnaud, veuve de Durand Bouyon habite Bourassat (plus tard ‘Chez Bourassat’).
Les Bouyon et Arnaud sont issus de familles bourgeoises d’Herment . Leur petite-fille Jeanne Bouyon  , dame de Bourassat et de La Vergne,  épouse en 1651 Gilbert de Villelume, fils d’Antoine de Villelume, chevalier, Sr de Barmontet et de Catherine de Chalus. Originaires de Mérinchal (Creuse) , leur plus lointain ancêtre Guillaume de Villelume participa à la première croisade en 1086 aux côté de Godefroi de Bouillon .
Les Fillias , bourgeois et notables de Giat puis de Sauvagnat-près-Herment ,  ainsi que les Sertillange, bourgeois et notables  de Bourg-Lastic  , s’allient aux De Villelume et s’installent Chez Bourassat .
La famille De Villelume habitera le lieu-dit Chez Lavergne à partir des années 1760 et son dernier représentant,  Annet de Villelume époux de Delphine Michon, décède en 1816 à Verneugheol  
(Ad63 Registre Bourg-Lastic 1845 Mariages vue67/135)

Cette branche De Villelume de St Germain-près-Herment s’est considérablement appauvrie puisque le père d’Annet est enterré dans l’église de Couffy (Creuse)   le 8 avril 1776 , pauvre , comme l’écrit le curé :  « Sieur Jean de Villelume écuyer sieur de Lavergne pauvre gentilhomme de la paroisse de St Germain près Herment, quoique d’une très ancienne famille âgé d’entour quatre vingt ans » (Ad23 Couffy vue173) . Quant à Annet de Villelume, à la naissance d’un fils en 1803 , il est cultivateur. Il fut présent à l’assemblée de I‘ordre de la noblesse de la sénéchaussée d’Auvergne qui se tint à Riom le 14 mars 1789, pour I‘élection des Etats généraux .
(La Roque et Barthélémy, Catalogue des Gentilshommes d’Auvergne pour l’Élection des Députés aux États Généraux de 1789, p. 8)

 


Les maires

Pierre Marleix (1921-2003) détient le record du plus long mandat de maire
de la commune de 1947 à 2003 ,
c'est à dire pendant 56 ans

François Chazot maire de 1809 à 1826
Jean-Baptiste Chaput
maire de 1826 à 1867
Antoine Chaput maire de 1868 à 1884
Marien Lamirand
maire de 1884 à 1888

Claude Verny maire de 1888 à 1900

* D'après G.Bonnefoy "histoire de l'administration civile dans la province d'Auvergne" et corrigé d'après les registres

 

Stèle Pierre Marleix à Farges

 

Petite histoire d'habitants

Ces faits se déroulent au 19ème siècle.
La déposition de Mr Jean  devant la gendarmerie d'Herment témoigne une fois de plus des relations parfois tendues qu'entretenaient les villageois :

"Il y a environ deux heures, j'étais occupé à rentrer du foin dont le pré se trouve au midi de mon village et ne donne sur aucun chemin. Je suis obligé de passer une année dans la propriété de  Mr François, et l'autre sur la propriété de Mr Pierre, en vertu de deux jugements rendus (...) . Cette année je dois passer chez Mr Pierre  et le 12 de ce présent mois, je lui dis de me faire un passage, à quoi il a répondu : je ne te dois pas de chemin, passe où tu voudras. J'étais donc occupé à rentrer mon foin et j'étais au 3ème char lorsque j'ai vu venir Pierre (...) et son fils (...) muni de chacun un râteau. Arrivés près de moi ils m'ont frappé à coups de râteau et à coups de pied, à tel point que j'ai du crier au secours. Plusieurs habitants du village ont vu Mr Pierre  et son fils me frapper mais il est probable que personne ne voudra rien dire "

Les blessures seront constatées, les témoins entendus et l'affaire suivra son cours .


Etude démographique

Les premières données démographiques que nous possédons s'expriment en nombre de "feux" (ou foyers) par hameau .
1 feu est généralement estimé à 4 ou 5 personnes .
Les visites pastorales, intensifiées par le concile de Trente (1563) , comportent le nombre de "communiants" de chaque paroisse .
Il est admis que les communiants, c'est à dire les adultes baptisés pouvant recevoir la communion ,
représentent environ 70% de la population d'une paroisse .
Le premier recensement français fiable a lieu en 1801 et s'exprime en nombres d' "âmes" .
Cependant , 1790 , le curé et maire de St Germain-près-Herment , Mr Bergheaud, recense 237 habitants dont 34 actifs.
(voir l'acte ci-dessous) 

 
 
 1790 (cliquez pour agrandir)

         Nous pouvons ainsi estimer le nombre d'habitants à St Germain-près-Herment depuis 1550


1550  :  14 feux  : 65 hab.

2 feux à Villedemange
7 feux à Farges
1 feu au Coudert *
2 feux à Bourrassat
2 feux au Chadeaux

d'après Tardieu "
Histoire de la ville du pays et de la baronnie d'Herment en Auvergne" 
* aucune information sur l'emplacement de ce lieu- dit qui n'existe plus aujourd'hui
 
1652 : 100 communiants : 130  hab.

1700 : 80 communiants : 104 hab.

1729 : 120 communiants :156 hab.

1737 : 125 communiants : 162 hab.

1783 : 100 communiants : 130 hab.

rapports des visites pastorales
(voir page de la paroisse )


1790 : 237 hab.

1801 : 222 hab. *

1806 : 334 hab.

1821 : 382 hab.
nombre maximal d'habitants observés dans la commune


*premier  recensement
données Cassini (accès au site)

1901 : 265 hab.

1946 : 199 hab.

2005 : 74 hab.

2009 : 81 hab.

2014 : 82 hab.


recensements (archives départementales)
Résultats Insee

 

les naissances

L'analyse des registres au fil des siècles nous renseigne sur la vie familiale des habitants de St Germain.
On comptait en moyenne 7 naissances par an .
Chaque couple avait en moyenne 5 enfants. Les familles avec 8 ou 10 enfants n'étaient pas rares, surtout durant la deuxième moitié du 18ème :
9 familles inscriront dans les registres 8 naissances ou plus!
Le record sera de 11 enfants pour le couple Marien Solignat et Marie Terrade entre 1769 et 1788.
Sur les 1002 naissances enregistrées entre 1696 et 1855 , 86 enfants décèdent avant l'âge de 1an (environ 9%) et 56 meurent entre 1 et 6 ans (environ 6%).
Les prénoms les plus fréquents sont Marie (13,5%) puis Anne (5,6%) pour les filles et Jean (11,6%) puis Antoine (7,1%) pour les garçons.
Il était habituel de donner à un nouveau né le prénom d'un enfant de la famille décédé peu de temps auparavant .
Mais plusieurs enfants d'un même couple pouvaient porter le même prénom ; on parlait alors de 'Jean l'aîné' ou de 'Jean le jeune' par exemple.
Ainsi , le couple François Sertillange et Anne Courtadon eut 6 enfants , de 1841 à 1853 : 4 filles prénommées Marie , et 2 garçons appelés Jean .



les mariages

Comme dans beaucoup de communes auvergnates, les mariages se déroulaient la plupart du temps en février.
Le curé célébrait fréquemment plusieurs mariages en même temps comme au 15 février 1774 qui connut 3 mariages ou bien le 27 février 1784 avec 4 mariages.
Une croyance voulait alors que la première des mariées qui sortira de l'église engendrera des garçons et que les autres n'auront que des filles.
Pour anecdote, citons Etienne Sertillange qui se mariera 5 fois : ~1798 ,1811 ,1813 ,1817 ,1830 et aura 11 enfants .



les décès

L'âge moyen de décès était de 42 ans, avec des années plus néfastes que d'autres, permettant de supposer la présence d'épidémies ou de conditions difficiles.
En 1767 on compte 15 décès dont 12 enfants; en 1772, on en compte 13 dont 12 adultes. (la moyenne étant de 5 ou 6 décès par an).
La doyenne Anne Solignat , veuve de Ligier Legoix a ~100 ans quand elle meurt en 1750.


les patronymes

Jadis, parmi une population rurale telle que celle de St Germain, peu d'habitants savaient écrire leur nom.
De plus, l'orthographe officielle des noms faisant son apparition seulement en 1872, la façon d'écrire les patronymes variait beaucoup selon le curé ou le maire de l'époque.
Il semblerait même que l'humeur du moment influait puisque le même curé, en parlant de la même famille, pouvait écrire le nom de plusieurs façons!
Quand en plus se mêlent les originalités de calligraphie utilisées par les uns et les autres, on comprend que les patronymes aient pu être déformés au cours des siècles.
Cependant, vous trouverez en parcourant les ressources généalogiques de ce site , les patronymes rencontrés
à St Germain-près-Herment et dans les communes voisines .
Écrire toutes les orthographes utilisées dans les registres aurait été fastidieux mais notons que les variations étaient très nombreuses.
Par exemple Solignat s'écrit aussi Solliniat, Soligniat, Solignac, Solligniac, ...
Veisseire se rencontre aussi sous les formes Veyseyre, Veyssiere, Veisiere, ...

Vers 1600, nous trouvons dans les registres les patronymes suivants :
Bony à La Prébière , Boudonat , Bouyon, Eyraud, Gaillard , Gandhille, Laudey, Lebland, Legoy à Farges , Merle , Peyriere , Vacher à Villedemange,

Vers 1632 existent aussi des Auroux, Bastu , Besse , Brunet , Faure , Garmazy, Levadoux , Mallet , Menudel, Monneyron , Rauche , Souchaud , Soulignat , Villebouney , Veysel .

 

Les calamités

Voici une chronologie des diverses épidémies et catastrophes climatiques qui ont perturbé la vie des auvergnats de St Germain-près-Herment
Ces évènements et beaucoup d'autres sont illustrés et détaillés sur le site suivant :


TOUTE LA VIE DE NOS ANCÊTRES  !!
             Histoire  & Traditions                               
                          Faits divers & Anecdotes                    
                                       Incendies & Epidémies
                                                   Croyances & Religions

                                                               

 

 

 

 

 

      

 

 

 

sources :
Tardieu " Grand dictionnaire de département du Puy-de-Dôme" ainsi que les registres communaux et paroissiaux des communes

1348 -1413 -1470 -1526 et 1631-32
De grandes épidémies de peste , dont la "peste noire" en 1348 , touchent l'Auvergne et particulièrement Clermont.
L'une des rares pages de registres de St Germain-près-Herment datant de 1632 ,
semble bien prouver qu'effectivement ,  la peste était présente dans le village , alors qu'elle avait quitté Clermont-Ferrand à la fin de 1631.
Ainsi , du
1er septembre au 31 octobre 1632 , on compte 23 décès à St Germain-près-Herment .
Sur cet acte remarquable , le curé mentionne la sépulture , le 31 octobre , de 7 personnes sans doute de la même famille.

"aujourd'hui le dernier d'octobre mil six cent trante deux
ont este ensevelis Jehan Souchaud peyronnelle brunet, françois,          
michel, Jehan, michelle et Catherine Souchaud "   

                               


1407-08 ; 1613-14 ; 1708-09 ; 1765-66 ; 1846-47
Hivers longs, précoces accompagnés de grands froids .
Suivent généralement une ou plusieurs années de famine ou de disette causées par la destructions des arbres fruitiers et des céréales par le froid .
Ainsi , à Herment où l'on comptait 15 décès par an en moyenne , il y eu 28 décès en
1709 et 36 en 1710 .

(voir détail
s sur les grands hivers en France
ici )

Septembre 1481

Fortes gelées précoces qui compromettent les récoltes tout comme les gelées tardives
d'avril-mai 1772.

1481-82 - de 1691 à 1694 - 1697 - 1709-10
De grandes famines s'abattent sur l'Auvergne .
La grande famine de 1691 à 1694 provoquera de nombreux morts dans la région .
A St Germain-près-Herment , le nombre de décès en moyenne de 4 ou 5 par an , atteint 14 décès en 1694.
A Giat , on compte 3 fois plus de décès la même année .

(voir détails ici )

1870
Sécheresse estivale extrême.

Septembre 1824 et mai 1831
On mentionne à St Germain-près-Herment des averses de grêle qui détruisent une grande partie des cultures.

1982 - 1999
Tempêtes. Celle de 1982 détruira une grande partie de la forêt de St Germain-près-Herment
En novembre
1982, on enregistre des vents à 130 km/h à Clermont-Ferrand pour 158 km/h en 1999.
Dans le Puy de Dôme, 6 millions de m3 d'arbres sont arrachés ou décimés en
1982 , et 6,4 millions en 1999.
(source : quid )